Cessez-le-feu à Gaza proche de l'effondrement : Israël frappe Gaza sur fond de litige sur les otages
- Oct 29, 2025
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Un fragile cessez-le-feu à Gaza, négocié par les États-Unis, fait face à son plus dur test après que des avions israéliens ont lancé des « attaques puissantes » sur le territoire palestinien, tuant au moins 33 personnes. Des témoins ont rapporté des explosions de la ville de Gaza à Khan Younis, les frappes touchant des maisons, des camps de réfugiés et des blocs résidentiels. La violence brise une trêve qui tenait largement depuis le 10 octobre, apportant une pause à une guerre dévastatrice de deux ans.
Le gouvernement israélien a cité deux « violations flagrantes » de la part du Hamas pour justifier cette nouvelle offensive. Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a d'abord évoqué une attaque présumée de combattants du Hamas contre des soldats israéliens dans une zone désignée sous contrôle israélien près de Rafah. À cela s'est ajoutée une seconde question, profondément litigieuse : une rupture de l'accord sur la restitution des otages décédés.
Le processus de rapatriement des défunts, pierre angulaire de l'accord, s'est transformé en un âpre conflit. Israël a accusé le Hamas d'une « violation claire » après la remise d'un cercueil contenant les restes d'Ofir Tzarfati, un otage dont le corps avait déjà été récupéré par les forces israéliennes fin 2023, et non l'un des 13 otages décédés toujours recherchés. Cet acte, selon Israël, n'était pas une erreur mais une tromperie délibérée.
Des responsables israéliens ont étayé cette affirmation en diffusant des images de drone montrant supposément des agents du Hamas « mettant en scène » la récupération. La vidéo montrerait un corps en train d'être enterré, pour être « découvert » quelques instants plus tard devant des représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Le CICR a par la suite publié une déclaration condamnant la « fausse récupération », confirmant avoir assisté « de bonne foi » et n'étant pas au courant de la mise en scène, qualifiant l'incident d'« inacceptable ».
Le Hamas a catégoriquement nié les allégations. Le groupe a déclaré n'avoir « aucun lien » avec la fusillade signalée à Rafah et a rejeté les affirmations israéliennes sur les restes des otages comme des « allégations sans fondement ». Il insiste sur son engagement envers l'accord de trêve, qualifiant le bombardement israélien meurtrier de « violation flagrante » qui a rompu l'accord. En réponse aux frappes, la branche militaire du Hamas a annoncé qu'elle reportait la restitution du corps d'un autre otage.

L'escalade de la violence souligne une déconnexion frappante avec le principal médiateur de l'accord de paix, l'administration Trump. Le vice-président américain JD Vance a maintenu que « le cessez-le-feu tient », qualifiant les événements de « petites escarmouches ». Tout en déclarant que les États-Unis s'attendent à ce qu'Israël « réponde » aux attaques, Vance a affirmé sa conviction que « la paix du président tiendra ». Cet optimisme contraste de plus en plus avec le bilan croissant des victimes sur le terrain.
Cette trêve devait être la première étape du plan de paix en 20 points du président Trump, mettant fin à un conflit qui a coûté la vie à plus de 68 500 personnes à Gaza. Le succès de l'accord dépend de processus complexes et chargés d'émotion, comme la restitution des 13 derniers otages décédés. Les négociateurs du Hamas ont précédemment évoqué la difficulté de localiser les dépouilles sur un terrain altéré par la guerre, une affirmation qu'Israël rejette. Cette méfiance fondamentale menace désormais de raviver une guerre que le monde, et Washington, avaient déclarée en pause.
CRUX
Le cessez-le-feu à Gaza s'effondre sous le poids d'une profonde méfiance. Tandis que l'administration américaine affiche sa confiance, son « plan de paix » est défait par les réalités du terrain. Des accusations réciproques de « violations flagrantes » – l'une une attaque militaire contestée, l'autre une tromperie profondément cynique impliquant des restes humains – ont fourni une nouvelle justification à la violence, tuant des dizaines de personnes et prouvant que les mécanismes de paix sont, pour l'instant, rompus.
Le calme fragile d'octobre a cédé la place au rythme familier et tragique de la guerre.




